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L'Ethique Sexuelle en Droit Musulman et Arabe Go to the Main Index Introduction Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Chapitre 4 Chapitre 5 Annexe

Chapitre IV. Rapports sexuels licites en droit musulman et en droit positif égyptien

Un auteur musulman dit que les relations sexuelles licites selon la loi islamique sont celles qui ont lieu uniquement entre les époux. Toute autre pratique sexuelle ou passionnelle portant sur le corps d'autrui constitue une atteinte à l'honneur et un crime. En droit positif, par contre, tout acte valablement consenti est licite.

Il ne faut cependant pas perdre de vue que le droit de famille musulman, partiellement en vigueur en Egypte, établit des rapports sexuels déséquilibrés en faveur de l'homme au détriment de la femme. Ce déséquilibre se retrouve aussi dans la conception islamique de l’au-delà. Mais les femmes savent aussi prendre leur revanche. C’est ce que nous verrons dans les points suivants

1) Privilèges des Hommes
A) Quatre Femmes et Nombre Illimité D'Esclaves

La polygamie est une pratique connue dans la Bible. Abraham, Jacob, Moïse, David et Salomon, pour ne nommer que ceux-ci, étaient polygames. Salomon avait un nombre impressionnant de femmes: "sept cents épouses de rang princier et trois cents concubines" (Premier livre des Rois 11:3). Selon Isaïe, il viendra un temps où sept femmes s'arracheront un homme en disant: "Nous mangerons notre pain, nous mettrons notre manteau, laisse-nous seulement porter ton nom. Ote notre déshonneur" (Isaïe 4:1).

Cette attitude misogyne de la Bible est passée dans le Coran. A l'instar des prophètes juifs, Mahomet a eu le droit d'épouser autant de femmes qu'il veut, sans limitation de nombre: "Ceci est un privilège qui t'est accordé, à l'exclusion des autres croyants" (33:50). Etant censé être ces femmes dans l'au-delà, le Coran leur a interdit de se remarier après la mort de Mahomet, en leur attribuant le titre honorifique de mères des croyants (33:6).

Quant aux autres musulmans, le Coran limite le nombre des femmes à quatre à la fois. Il recommande cependant de ne prendre qu'une seule femme si on craint de ne pas être équitables avec elles (4:3) tout en ajoutant "vous ne pouvez être parfaitement équitables à l'égard de chacune de vos femmes, même si vous en avez le désir" (4:129). A ces quatre femmes, il faut ajouter que l'homme pouvait épouser un nombre illimité d'esclaves. La femme, par contre, en droit musulman, comme en droit hébraïque, ne peut avoir qu'un seul homme. Celle qui épouse deux hommes est considérée comme ayant commis l'adultère avec le deuxième mari.

La polygamie continue à être pratiquée dans les pays musulmans à l'exception de la Tunisie et de la Turquie (au moins sur le plan de la loi). On a cependant essayé de limiter les abus par des mesures variant d'un Etat à l'autre et qui peuvent être résumées comme suit:

- La femme peut inclure une clause de non-remariage lui donnant le droit de demander le divorce si le mari épouse une autre.

- La femme peut demander le divorce en cas de remariage même en l'absence de la clause contractuelle.

- Le mari qui entend épouser une nouvelle femme doit remplir certaines conditions soumises à l'appréciation du juge.

B) Mariage à Terme

Le mariage à terme (zawag al-mut‘ah, littéralement le mariage de jouissance) se base sur le Coran: "Versez les honoraires aux femmes dont vous aurez joui" (4:24). Certains compagnons de Mahomet affirment avoir entendu ce passage comme suit: "Versez les honoraires aux femmes dont vous aurez joui pour un délai déterminé".

Les musulmans sunnites croient que cette pratique a été interdite déjà du temps de Mahomet et que le verset coranique susmentionné a été abrogé par les versets 23:1 et 5-7: "Heureux les croyants... qui se contentent de leurs rapports avec leurs épouses et leurs captives. On ne peut donc les blâmer; tandis que ceux qui convoitent d'autres femmes que celles-là sont transgresseurs". Les musulmans shiites, par contre, continuent à reconnaître cette institution, toujours en vigueur en Iran (art. 1075-1077 du Code civil).

Un tel mariage peut avoir lieu pour une période déterminée d'une nuit, d'un jour ou de plusieurs jours, contre paiement d'un douaire. Il peut porter sur des rapports sexuels ou sur la simple compagnie. Il est consensuel et soumis aux mêmes conditions que le mariage ordinaire concernant les empêchements: la femme ne doit pas être mariée; une musulmane ne peut épouser un non-musulman; ce mariage est interdit entre personnes ayant des liens de parentés. Par contre, un mari peut jouir d'un nombre indéterminé de femmes même s'il a déjà les quatre femmes permises par le Coran.

Le but d'un tel mariage serait de procurer à l'homme une femme lorsqu'il est en dehors de sa maison, pendant la guerre ou durant un voyage d'affaire. Certains hommes contractent un mariage à terme pour pouvoir se procurer un fils, ou pour utiliser leurs femmes temporairement dans la récolte du riz. Les mauvaises langues disent qu'il s'agit en fait d'une alternative à la prostitution, cette dernière étant interdite en Iran.

Banou Parsi, une femme iranienne, écrit: "Après la révolution, le quartier des prostituées à Téhéran a été brûlé et une prostituée est morte. Pourtant, la prostitution n'a pas disparu. Il y a des endroits où les hommes peuvent choisir une femme dans un album de photos. Des mollahs sont présents et peuvent conclure des mariages temporaires qui peuvent durer d'une heure à 99 ans. A la fin du contrat la femme n'a aucun droit, mais elle reçoit de l'argent: c'est bien de la prostitution légalisée, religieuse".

Le mariage temporaire est interdit en droit musulman sunnite. Mais certaines autorités religieuses musulmanes sunnites autorisent leurs coreligionnaires qui se trouvent en Occident pour des études ou pour une mission d'épouser des femmes non-musulmanes monothéistes avec l'intention intime de s'en séparer une fois leur séjour à l'étranger terminé. Un tel mariage permet d'éviter qu'ils aient des rapports sexuels hors mariage que le droit musulman interdit.

C) Mariages Avec les Mineurs

Des légistes musulmans considèrent comme valide le mariage en bas âge. Ceci est déduit du verset 65:4: "La période d'attente sera de trois mois, même pour celles de vos femmes qui n'espèrent plus la menstruation - si vous avez quelque doute à ce sujet - et pour celles qui n'ont pas eu la menstruation". La période d'attente (avant de pouvoir contracter un nouveau mariage) n'étant exigée que d'une personne mariée qu'on veut répudier, la dernière phrase a été interprétée dans le sens qu'une fille qui n'a pas encore eu ses règles peut être mariée. Les légistes invoquent aussi un précédent de Mahomet: celui-ci, âgé de 50 ans, a épousé ‘Ayshah lorsqu'elle avait six ans.

On trouve encore dans le monde arabe des fillettes mariées à des grands-pères incapables de remplir leurs devoirs conjugaux et d'assurer une vie honorable à leurs jeunes épouses. Les parents de la fille sont motivés soit par la crainte d'un puissant, soit par la cupidité matérielle.

Certains législateurs arabes essaient de mettre fin à de tels abus: en fixant une limite d'âge minimal pour le mariage et en interdisant la disproportion d'âge entre les deux conjoints.

D) Droit du Mari à Contraindre sa Femme à Avoir des Relations Sexuelles

Le mariage en droit musulman classique est défini généralement comme le contrat qui permet aux deux contractants de jouir l'un de l'autre d'une manière légale. On retrouve cette définition dans le code de statut personnel du Yémen unifié (1992) qui dit: "Le mariage est le lien établi par un pacte légal entre deux époux rendant une femme permise à un homme légalement, et dont le but est la constitution d'une famille basée sur la bonne compagnie" (art. 6). Il ajoute qu'un des devoirs de la femme est de "se laisser posséder par le mari en étant apte au coït légal sans la présence d'une autre personne" (art. 40). Ce devoir ne figure pas dans le catalogue des devoirs du mari à l'égard de sa femme.

Une fatwa de Qaradawi expose la position du droit musulman dans ce domaine comme suit:

    L'homme, en matière sexuelle, est le requérant et la femme la requise. Celle-ci est tenue de répondre aux désirs sexuels de son mari. Un récit de Mahomet dit: "Si un homme demande à sa femme de répondre à ses besoins sexuels, celle-ci doit l'exaucer même si elle se trouve sur un four brûlant". La femme est mise en garde de refuser sa demande sans raison valable parce que cela risque de pousser le mari à avoir un comportement anormal. Mahomet dit: "Si un homme appelle sa femme à le rejoindre dans son lit, et qu'elle refuse de venir le laissant dormir en colère contre elle, les anges la maudissent jusqu'au matin". Afin qu'elle reste à la disposition de son mari, la femme ne saurait s'adonner à un jeûne volontaire (par opposition au jeûne de Ramadan) sans l'autorisation de son mari. Qaradawi affirme cependant que la femme a aussi des droits sur son mari sur ce plan. Le mari devrait préparer sa femme à l'acte sexuel et l'amener au plaisir.
Un autre auteur écrit que la pire des désobéissances de la femme consiste à se refuser à son mari s'il l'appelle au lit. En plus des récits cités par Qaradawi, il cite les deux récits suivants:
    Par celui qui tient l'âme de Mahomet entre ses mains, la femme ne remplit son devoir à l'égard de son Dieu que si elle remplit ses devoirs à l'égard de son mari et ne se refuse pas à lui même sur la selle d'un chameau.
Toute femme qui meurt ayant satisfait son mari entre au paradis; la plupart des cas où la femme est allée en enfer est à la suite de sa désobéissance à son mari et son ingratitude envers ses bienfaits.

La femme qui refuserait de se soumettre à l'acte sexuel est en situation de désobéissance envers son mari. Celui-ci pourra alors user de son droit de la châtier pour parvenir à ses fins. Quant à la femme, l'école hanafite ne lui reconnaît le droit de réclamer, pendant la durée du mariage, qu'un seul rapport sexuel. Mais aujourd'hui on considère l'abstinence des rapports sexuels de la part du mari comme portant préjudice à la femme. Celle-ci a dans ce cas le droit de demander le divorce, si elle arrive à prouver cette abstinence. Sa demande est rejetée si le mari jure qu'il a des rapports avec sa femme, à moins que celle-ci soit restée vierge et que deux femmes expertes l'aient confirmé. Si la femme n'est pas vierge et prétend avoir été déflorée par d'autres moyens que l'acte sexuel, sa demande est aussi rejetée si le mari jure le contraire.

E) L'excision des Femmes pour les Dompter

En Egypte, 97% des femmes sont circoncises: 99.5% dans les campagnes et 94% en milieu urbain. Cette pratique est soutenue par les hautes autorités religieuses musulmanes qui y voient un moyen pour sauvegarder la vertu de la femme. Al-‘Adawi, professeur à l'Azhar, dit que la circoncision de la fille est makrumah, ce qui signifie "qu'elle l'aide à garder sa gêne et la protège des penchants qui excitent son instinct sexuel. La fille en Orient, région souvent très chaude, si elle n'est pas circoncise, a un instinct sexuel très poussé qui réduit sa gêne et la rend plus disposée à répondre à cet instinct sexuel "sauf celle dont Dieu a pitié". Gad-al-Haq, Grand Cheikh de l'Azhar, ajoute que notre époque nécessite la circoncision féminine "en raison de la mixité entre les hommes et les femmes dans les rassemblements. Si la fille n'est pas circoncise, elle s'expose aux nombreuses excitations qui la poussent au vice et à la perdition dans une société sans freins".

Ces autorités affirment que cette pratique maintient le couple soudé et empêche la drogue: la circoncision féminine réduit l'instinct sexuel chez la femme, mais on n'y voit qu'un bienfait. Avec l'âge, l'instinct sexuel de l'homme baisse. Sa femme circoncise sera à ce moment-là au même degré dans l'instinct sexuel. Si elle ne l'était pas, le mari ne pourrait pas la satisfaire, ce qui le pousserait à recourir à la drogue pour y parvenir.

L'excision des femmes est liée à l'institution de la polygamie. Ne pouvant satisfaire les instincts sexuels de quatre femmes, l'homme parvient à travers l'excision à mieux les dompter.

2) Au Ciel comme sur la Terre: le Sexe au Paradis

Les biographes de Mahomet rapportent maints récits selon lesquels il a été amené à dos du bouraq, animal ailé entre l'âne et le mulet, pour voir les merveilles entre le ciel et la terre, certains ont quitté l'islam. D'autres ont essayé d'interpréter ce voyage extraterrestre comme une vision de l'esprit, voire un rêve. Mais quelle que soit la nature de ce voyage, les musulmans croient qu'il a eu lieu et que Mahomet a pu y voir aussi bien l'enfer que les sept cieux. On en trouve un rapport détaillé dans un grand nombre de versets du Coran et de récits de Mahomet. Des auteurs classiques et modernes y consacrent des chapitres, voire des ouvrages entiers très sérieux. Récemment, un auteur musulman a publié un ouvrage analytique (pince-sans-rire) de 450 pages intitulé "La géographie des plaisirs: le sexe au paradis". Il l'avait précédé d'un autre ouvrage intitulé "Le sexe dans le Coran".

La description du ciel et de l'enfer dépasse l'entendement humain au point que le fameux Al-Ghazali dût avertir ses lecteurs: "Il est du caractère de l'être humain à nier tout ce à quoi il n'est pas habitué... Prends donc garde de nier les merveilles du jour de la résurrection du fait qu'elles ne correspondent pas à ce qui est connu sur la terre".

Les sources islamiques donnent une image des souffrances que subiront les déchus et des plaisirs dont jouiront les élus sur tous les plans. On y trouve les préjugés contre les femmes et les privilèges en faveur des hommes qui prévalent également dans les rapports humains d'ici-bas. Ainsi, Mahomet constata en voyant l'enfer que "la majorité de ses habitants sont des femmes". Et pourquoi ? lui demanda son entourage. Et Mahomet de répondre: "Parce qu'elles dénigrent (yakfurna) leurs maris et dénigrent les bienfaits. Même si tu fais du bien à l'une d'elles toute une époque, dès qu'elle verra quelque chose de mal de toi elle te dira: Je n'ai jamais vu du bien de toi". Mahomet aurait aussi répondu à une femme: "Vous maudissez beaucoup et vous dénigrez les maris". Loin de renier ce récit de Mahomet, un auteur égyptien l'utilisa récemment comme titre d'un petit ouvrage dont la couverture comporte un dessin en couleurs montrant des femmes suspendues dans les flammes de l'enfer, une de ces femmes se faisant lyncher par une vipère.

La soumission de la femme prescrite en droit musulman est une garantie d'échapper à cet enfer. Mahomet dit: "Toute femme qui meurt en laissant son mari satisfait d'elle entre au paradis". Citant ce récit, l'auteur susmentionné ajoute: "Il est du devoir de la femme de rechercher la satisfaction de son mari, d'éviter sa colère et de ne pas se refuser à lui lorsqu'il la désire comme le dit Mahomet: "Si un homme appelle sa femme à son lit, qu'elle lui vienne même s'il était assis sur un four".

Au paradis on mange, on boit et surtout on jouit des rapports sexuels avec les fameuses Houris mentionnés dans le Coran:

    Voici que nous leur donnerons pour épouses des Houris aux grands yeux (44:54).
    Mangez et buvez en paix en récompense de vos actions, accouchés sur des lits de repos bien alignés. Nous leur donnerons pour épouses des Houris aux grands yeux (52:20).

    Quel est donc celui des bienfaits de votre Seigneur que, tous deux, vous nierez? Des Houris qui vivent retirées sous leurs tentes ... que ni homme ni Djinn n'a jamais touchées avant eux (55:71-72 et 74).

    Il y aura là des Houris aux grands yeux, semblables à la perle cachée, en récompense de leurs œuvres... C'est nous, en vérité, qui avons créé les Houris d'une façon parfaite. Nous les avons faites vierges, aimantes et d'égale jeunesse (56:22-24 et 35-37).

    Ce sera un succès pour ceux qui craignent Dieu: des vergers et des vignes, des adolescentes aux seins formés d'une égale jeunesse, des coupes débordantes (78:31-34).

En se basant sur ces versets et sur des récits de Mahomet, les auteurs musulmans se perdent en conjonctures sur le nombre de Houris qui seront attribuées aux élus. Ainsi, le moindre élu aurait 72 Houris, mais certains arrivent à en posséder 343000 Houris, selon le compte d'un auteur moderne. Le Coran dit: "Ce jour-là, la seule occupation des hôtes du paradis sera de se réjouir" (36:55). Le terme "occupation" est interprété comme désignant "la défloration des vierges". D'après les récits de Mahomet, l'homme déflorera par jour 100 vierges qui immédiatement retrouvent leur virginité. Pour parvenir à cette fin, l'homme se verra octroyé la force de 100 hommes, sera âgé de 30 (ou 33) ans (âge du Christ), mesurera 60 coudées de hauteur et 7 coudées de largeur (comme Adam), sera beau (comme Joseph) et parlera l'arabe (comme Mahomet).

En plus de ces Houris, le Coran mentionne la présence au paradis de jeunes gens et d'éphèbes au paradis:

    Des jeunes gens (ghilman) placés à leur service circuleront parmi eux semblables à des perles cachées (52:24).

    Des éphèbes (wildan) immortels circuleront autour d'eux (56:17).

    Des éphèbes (wildan) immortels circuleront autour d'eux. Tu les compareras, quand tu les verras, à des perles détachées (76:19).

Un auteur musulman estime que ces jeunes sont destinés aux rapports homosexuels des élus. Un autre crie au scandale.

Quoi qu'il en soit, la défloration des vierges au paradis comme récompense des croyants semble indiquer que le plaisir sexuel est réservé aux seuls hommes puisque le Coran et les récits de Mahomet passent sous silence le sort des femmes sur ce plan particulier. Les femmes sont là pour satisfaire aux besoins sexuels des hommes. Un problème reste cependant posé. Si la majorité des habitants de l'enfer est composée de femmes (selon le récit de Mahomet), comment alors réconcilier cette donnée avec le grand nombre de femmes que chaque homme du paradis possédera et déflorera? La réponse serait que la majorité dont parle le récit de Mahomet concerne les femmes terrestres, alors que les Houris dont jouiront les hommes sont paradisiaques, élevées au paradis pour satisfaire les plaisirs sexuels des élus.

3) Revanche des Femmes
A) Enfant endormi

Le Coran dit:

    Les mères qui veulent donner à leurs enfants un allaitement complet, les allaiteront deux années entières (2:233).

    Sa mère l'a porté et l'a enfanté avec peine. Depuis le moment où elle l'a conçu, jusqu'à l'époque de son servage, trente mois se sont écoulés (36:15).

Partant de ces deux versets, les légistes musulmans disent que la durée minimale de la grossesse est de six mois (30 mois de grossesse et sevrage - 24 mois de sevrage = 6 mois de grossesse). Mais ils sont partagés concernant la durée maximale: 9 mois, une année, deux ans, voire quatre ans. Cette longue durée de grossesse est en fait une ruse juridique visant à épargner le discrédit à la femme enceinte d'un enfant illégitime. C'est ainsi que des juges saoudiens ont considéré légitime un enfant né d'une femme quatre, cinq, voire sept ans après le divorce ou le décès de son mari. On parle alors de l'enfant endormi. Pour mettre un terme à de telles pratiques douteuses, l'article 15 de la loi égyptienne no 25 de 1929 dit: "N'est pas recevable, en cas de dénégation, l'action en reconnaissance de paternité au profit de l'enfant... 2) lorsque l'enfant est né un an après l'absence du mari; 3) lorsque l'enfant est né d'une femme divorcée ou d'une veuve un an après le divorce ou le veuvage". En ce qui concerne la succession, l'article 43 de la loi égyptienne no 77 de 1943 fixe la durée minimale de la grossesse à 270 jours, et la maximale à 365 jours.
B) Sexe avec les Génies

Le Coran et Mahomet sont véridiques. Or, ils parlent des génies et de la sorcellerie. Donc il faut croire à tout ce qu'ils en disent. Ceci constitue un "élément nécessaire de la religion"; celui qui ne croit pas à l'existence des génies doit être considéré comme un mécréant (kafir), il mérite donc la peine de mort.

Le Coran utilise le terme Malak (88 fois), Shaytan (88 fois), Djinn ou Djann (29 fois), Iblis (11 fois), et Ifrit (1 fois) pour désigner les génies ou esprits invisibles, mythologie liée au démonisme sémitique et qui se retrouve dans la croyance juive et arabe. Ces créatures (créées du "feu de la fournaise ardente", 15:27) sont souvent en relation avec les êtres humains (créés d'une "argile extraite d'une boue malléable", 15:28). Comme ces derniers, ils forment des nations, sont destinataires des messages des prophètes (6:130 ), dont celui de Mahomet (46:29 et 72:1), deviennent juifs, chrétiens ou musulmans, ou restent mécréants (voir 72:14), et ils connaissent la mort. Ils jouissent ensuite du paradis ou subissent l'enfer (7:38 et 179; 47:12 et 72:15).

L'être humain peut être possédé et malmené par ces génies. Le Coran dit: "Ceux qui se nourrissent de l'usure ne se dresseront au Jour du jugement que comme se dresse celui que le Démon a violemment frappé » (2:275); "Mentionne notre serviteur Job: Il cria vers son Seigneur: Le Démon m'a atteint par une souffrance et un châtiment" (38:41). Ces génies peuvent se métamorphoser et apparaître à l’homme sous forme d'un animal ou d'un être humain. Ils peuvent aussi entrer dans le corps humain à travers ses orifices. Leurs méfaits peuvent être le résultat de l'intervention des sorciers et autres agents intermédiaires. La sorcellerie est considérée par le Coran comme une science transmise par le démon (2:102). Ce terme et ses dérivés sont utilisés une cinquantaine de fois dans le Coran.

Pour mettre fin aux méfaits des génies et des sorciers, rien de tel que d'utiliser le Coran en récitant un certain nombre de versets appropriés au cas traité. Le Coran dit: "Nous faisons descendre, avec le Coran, ce qui est guérison et miséricorde pour les croyants" (17:82).

Les génies se marient entre eux et ont des enfants, sans cela ils disparaîtraient. Selon certains juristes musulmans, ils peuvent aussi se marier et fourniquer avec les humains. Ceci est déduit du verset coranique relatif aux Houris promises aux élus: "Là, ils rencontreront celles dont les regards sont chastes et que ni homme ni Djinn n'a jamais touchées avant eux" (55:56) ainsi que du verset: "Dieu dit [au Démon] .... associe-toi à eux [aux humains] avec leurs biens et leurs enfants" (17:64). Mahomet aurait aussi informé ses compagnons que la mère de Balqis, Reine de Saba, était une Djinn. Nous verrons d’autres récits de Mahomet dans ce genre.

Partant des versets coraniques et des récits de Mahomet, les juristes se sont posés la question de savoir si le mariage mixte entre génies et humains était licite. Certains disent qu'il est illicite parce que Mahomet l'aurait interdit. On cite aussi le Coran: "Dieu vous a donné des épouses nées parmi vous" (16:72). On en déduit que le mariage mixte entre humains et Djinns est prohibé. D'autres juristes disent qu'un tel mariage, tout en n'étant pas interdit, est à considérer comme blâmable (makrouh). Des yéménites ont écrit au grand juriste Malik pour lui demander s'ils pouvaient donner une fille en mariage à un Djinn qui passait chez eux. Sans nier la possibilité qu'un tel mariage puisse avoir lieu, Malik répondit: "Rien de mal en cela, mais je l'abhorre car si une femme tombe enceinte et on lui dit: qui est ton mari? Elle répondra: un parmi les Djinns. La corruption augmentera alors parmi les musulmans". D'autres enfin disent qu'un tel mariage est licite. Après avoir discuté les opinions des différents juristes, l'auteur d'une thèse de doctorat sur les génies affirme qu'un tel mariage entre les génies et les humains est possible, mais il est illicite. Et il ajoute: si toutefois un tel mariage a lieu sous la contrainte du génie, le partenaire humain ne commet pas de péché pour un tel mariage.

Peut-on avoir des enfants de ce mariage mixte Djinn/humain? Un auteur égyptien récent donne une réponse affirmative. Selon cet auteur, l'enfant peut être de la race des Djinns, donc invisible, ou de la race des humains mais avec des marques distinctives. Ce dernier cas correspond au récit de Mahomet qui aurait dit: "Si un homme pénètre sa femme sans prononcer le nom de Dieu, le Djinn se met sur sa verge et pénètre avec lui"; "Si un homme pénètre sa femme pendant ses règles, le diable le précède et la rend enceinte donnant lieu à des enfants hermaphrodites". Mahomet aurait qualifié ces enfants de "mugharrabin", - ayant du sang étranger. On reconnaît ces enfants, d'après l'auteur en question, par la couleur très foncée de leurs yeux qui font peur, leur penchant pour les crimes et le suicide et leur air distrait.

Ces croyances dans les génies font des ravages dans la société arabo-musulmane et ouvrent des perspectives de gain et de profit à bon nombre d'hommes et de femmes qui se présentent comme "guérisseurs par le Coran". Des centaines d'ouvrages sur les génies à deux sous peuvent être obtenus auprès des vendeurs installés sur les trottoirs du Caire. Des guérisseurs n'hésitent pas à faire étalage dans ces livres de leurs pouvoirs extraordinaires auprès de leurs clients appartenant à toutes les classes, coupures de journaux et récits de leurs bienfaits à l'appui. Et comme dans tout marché, il y a de la concurrence dans ce domaine: on se justifie et on dénigre les autres: "Contrairement aux autres charlatans, moi je ne fais qu'utiliser le Coran pour guérir". Tous se croient chargés d'une mission divine de sauver l'humanité des méfaits des génies. Et les simplets tombent dans leurs pièges comme les mouches dans le pot de miel. Ils s'adressent à ces guérisseurs pour guérir des maladies physiques et psychiques, brouiller un couple, faire revenir l'amant en fugue, assurer le succès, trouver le trésor enfoui, arrêter les incendies. Pour convaincre les incrédules, certains guérisseurs sont munis d'attestations d'une autorité religieuse ou d'un centre d'astrologie. Ainsi des attestations signées par Ibn-Baz, la plus haute autorité religieuse saoudienne, circulent en Egypte.

Ce climat malsain touche surtout les femmes. Les ouvrages racontent souvent de leurs histoires. Celles qui passent dans des crises familiales se croient ou font croire à leur entourage qu'elles sont possédées par un ou des génies qui repoussent leurs maris ou les empêchent de se marier. Elles déclarent qu'elles ont des relations sexuelles avec ces génies. On amène l'exorciseur. Muni de ses versets coraniques et autres objets bénis qu'il fait parfois ingurgiter à la femme, l'exorciseur engage un dialogue avec le génie: ton nom, ta religion, ton lieu d'origine, pour quelle raison es-tu entré dans cette femme et qu'y fais-tu? Et le génie donne le nom, la religion et le lieu d'origine. Parfois il dit qu'il est tombé amoureux de la femme et lui fait l'amour chaque jour. D'autres fois, il déclare carrément qu'il s'est marié avec elle. Vient ensuite l’exhortation pour que le génie quitte la femme, suivie de menace de le brûler en récitant des versets spécifiques du Coran. Dans certains récits, le génie se repent, se convertit à l'islam et demande l'adresse de la mosquée que fréquente l'exorciseur pour qu'il aille y entendre les cours de religion. C'est le happyend tel que raconté par les exorciseurs.

Mais un journaliste présente d'autres versions de ces séances d'exorcisme. Selon lui, ces exorciseurs sont des charlatans et des escrocs qui profitent de la crédulité des autres pour les escroquer et en abuser sexuellement. Dans certaines séances d'exorcisme, le génie exige que tout l'entourage quitte la maison pour rester en tête-à-tête avec l'exorciseur. Parfois c'est la femme qui se rend seule chez ce dernier. Certains exorciseurs diagnostiquent alors que le génie a besoin de la basse sorcellerie (al-sihr al-sufli). Il couche avec la femme et la sodomise (bien que cela soit interdit entre mari et femme) et utilise son sperme pour écrire sur son ventre des formules magiques et des versets coraniques censés faire sortir le génie. D'autres estiment que le génie ne sortira qu'à travers ses seins et se mettent à les sucer. La séance d'exorcisme peut aussi se répéter à plusieurs reprises lorsque le génie refuse de sortir de sa victime. L'exorciseur se fait chaque fois payer et parfois en abuse sexuellement. Et lorsque la femme a des scrupules, l'exorciseur lui signe un document de mariage coutumier, ce qui rend les rapports sexuels licites aux yeux de la religion (voir le point suivant). Ce journaliste raconte que de telles histoires sordides arrivent au sein des familles saoudiennes dans lesquelles les femmes sont opprimées par des hommes volages. Ceci constituerait pour ces femmes un moyen de s'affirmer. Des apprentis exorciseurs égyptiens sont accueillis dans ces familles de bonne foi. Munis du Coran et d'une attestation d'Ibn-Baz, ils procèdent à sortir les génies de ces femmes et en abusent sexuellement après avoir sorti ses parents.

Ce journaliste reproduit un article d'un journal kuwaitien sur une fille égyptienne qui avait épousé un génie. On fit venir l'exorciseur pour la libérer du génie. L'auteur de l'article lui demande si le mariage du génie avec une fille est possible. Et si oui, peut-il en résulter une perte de la virginité de la fille. La réponse de l’exorciseur est nette: le mariage avec un génie est possible. Et si le génie s'est métamorphosé en un homme, il en résulte une défloration de la fille et son enfant sera un ifrit. Il ajoute que si une femme couche avec un génie, elle refuse d'épouser un homme parce que le plaisir procuré par le génie est plus fort que celui procuré par l'homme. Après enquête, le journaliste découvrit que la fille en question avait eu des relations incestueuses avec son frère décédé. Pour ne pas s'exposer à l'infamie, la famille inventa l'histoire qu'un génie avait épousé la fille. Ceci ferait partie des ruses auxquelles recourent les filles égyptiennes qui ont perdu leur virginité.

Le journaliste en question rapporte qu'un exorciseur a même marié un homme à un autre homme. Il avait découvert qu'un homme était possédé par un génie mâle, et l'autre par un génie femelle. Pour les débarrasser de leurs génies, il fallait les marier ensemble, ainsi les deux génies se retrouvent et quittent leurs victimes.

Ce journaliste affirme que la moitié des habitants de l'Egypte craignent les méfaits des génies et de la sorcellerie, que les milieux artistiques entretiennent des liens très forts avec les sorciers et les guérisseurs, lesquels abusent d'eux sexuellement, et que les milieux politiques et parlementaires les fréquent et les consultent.
 

C) Mariages Coutumiers et Virginité Artificielle

Les difficultés économiques et les salaires réduits rendent l'obtention d'un appartement et le mariage en Egypte très difficile. Privés des possibilités d'assouvir leurs besoins sexuels dans le cadre du mariage officiel, de nombreux jeunes cherchent des relations extra-matrimoniales. On le fait sous le couvert du mariage coutumier et avec l'aide des médecins qui rendent aux filles leurs virginités perdues. Ce phénomène est expliqué par un ouvrage récent publié en Egypte.

Le mariage coutumier est reconnu en droit musulman mais ne peut faire l'objet de plainte devant les tribunaux parce qu'il n'est pas enregistré officiellement. C'est un mariage secret qui se passe entre l'homme et la femme en présence de deux témoins; il fait parfois l'objet d'un écrit rédigé par les intéressés ou par un notaire. Les parents des mariés n'en sont pas informés. Ces derniers ne cohabitent pas mais entretiennent des rapports sexuels en secret, avec des consciences tranquilles, tout en prenant les précautions pour que l'épouse ne tombe pas enceinte. Et lorsque le couple ne s'entend pas, il n'y a pas besoin de recourir au tribunal pour dissoudre le mariage; il suffit de déchirer le papier. Ainsi les couples se font et se refont à loisir, en dehors de tout contrôle étatique, social ou familial. Et lorsqu'un un mari "digne de la fille" se présente à sa famille pour demander sa main, on procède alors au mariage étatique pour fonder une famille et avoir des enfants. 40% des filles universitaires égyptiennes seraient liées par de tels mariages coutumiers à l'insu de leurs parents et de leurs futurs époux. Une fameuse danseuse avoua en toute fierté à la télévision égyptienne qu'elle avait contracté huit mariages dont six coutumiers, en ajoutant: "A propos, le mariage coutumier n'est pas illicite comme certains se plaisent à répéter. J'ai vécu les plus beaux jours de ma vie dans le cadre de ce mariage". Signalons ici qu'une veuve qui épouse un homme en mariage coutumier ne risque pas de perdre sa pension de veuve puisque ce mariage reste inconnu des autorités.

Ces aventures amoureuses sous le couvert de la religion et de l'anonymat peuvent cependant coûter la vie à la fille et déshonorer sa famille si le mari "officiel" découvre la nuit des noces que sa femme n'est pas la vierge qu'il pensait épouser. Ce mari doit d'ailleurs prouver aux invités en liesse la virginité de sa femme en leur jetant le drap du lit maquillé du sang de sa femme déflorée. Pour sauver la face de sa famille et sa vie, la fille recourt alors à un chirurgien pour se faire raccommoder et refaire une virginité la veille de son mariage contre le paiement d'une somme d'argent, comptant ou par acomptes, qui varie selon le statut social de la fille et le chirurgien entre 100 et 30'000 livres égyptiennes (payées souvent des gains réalisés par la prostitution). Le tout passe sous le couvert du secret médical, sans que la famille ou le futur mari s'en rende compte qu'il s'agit d'une virginité artificielle.

Selon l'ouvrage en question, l'opération de raccommodage de la virginité toucherait par années 500'000 femmes égyptiennes et autant de femmes provenant des autres pays arabes. Certaines filles y recourraient plusieurs fois; des Don Juan égyptiens seraient des abonnés des chirurgiens en leur amenant de temps à autre leurs victimes, bénéficiant ainsi d'un rabais. Cette opération rapporterait annuellement aux chirurgiens et aux cliniques d'esthétique entre un milliard et trois milliards de livres égyptiennes.

L'auteur de l'ouvrage qualifie ce phénomène de pompe à retardement qui risque de détruire la vie familiale en Egypte. Il explique qu'en Occident les hommes acceptent l'idée que les femmes avant le mariage ont le droit d’avoir des relations sexuelles libres et que le mariage constitue pour eux un point de départ où chacun s'engage d'être fidèle envers l'autre. En Orient par contre, les relations pré-matrimoniales sont interdites et la perte de la virginité peut impliquer la perte de la vie. Les maris croient que « ni homme ni Djinn n'a jamais touché avant eux » (55: 74) les filles qu'ils épousent, mais en réalité ce sont de vraies prostituées qui les ont trompées et se sont fait passer pour des vierges. Ainsi la vie commune débute par une tricherie et un mensonge et rien ne garantit que la femme qui a goûté à tant d'hommes avant le mariage puisse se satisfaire d'un seul après le mariage.

Pour faire face à ce phénomène, l'auteur en question propose sérieusement de revenir à la ceinture de chasteté que les Chinois ont inventée depuis des milliers d'années. Ainsi le mari qui va en voyage pourra l'installer à sa femme et à ses filles pour ne l'enlever qu'après son retour. L'auteur parle aussi d'un nouvel engin en voie de fabrication appelé "engin de la chasteté", grand comme une pièce de monnaie, ayant des lames aiguisées. Cet engin peut être fixé par les médecins sur l'hymen de la fille dès son enfance et ne sera enlevé que la nuit du mariage. Ceux qui tenteraient de s'y approcher avant le mariage seraient coupés en morceaux.

Signalons ici que l'auteur en question, pour obtenir les informations sur ce phénomène, avait ouvert un bureau de recrutement de clientes qu'il dirigeait vers des chirurgiens pour les faire opérer. Lui-même il avait servi comme assistant du chirurgien.
 

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