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L'Ethique Sexuelle en Droit Musulman et Arabe Go to the Main Index Introduction Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Chapitre 4 Chapitre 5 Annexe

Chapitre V. Perspectives d'Avenir

Chiffres à l'appui, les auteurs musulmans s'attardent largement sur la déviance sexuelle dans les pays occidentaux et leurs résultats, dont notamment le grand nombre d'enfants illégitimes et abandonnés, la croissance des crimes sexuels comme le viol, la mise en question de l'institution du mariage, l'augmentation des mères célibataires, les maladies vénériennes, le sida.

Ces auteurs cependant ne cachent pas que les pays musulmans, dont l'Egypte, commencent à connaître ce même problème dont le remède est le retour à la morale sexuelle islamique et à l'application des châtiments prévus en droit musulman. En plus des mesures pénales, ces auteurs préconisent des mesures sociales préventives. Certains vont jusqu'à envisager le retour au système de l'esclavage qui permettait les relations entre le maître et ses esclaves. Voyons ces trois points.

1) Application des Normes Pénales Islamiques

L'application de la loi pénale islamique est une revendication permanente des islamistes. En Egypte, de nombreux projets de code pénal ont été présentés au parlement. Le plus important est celui de 1982. La commission chargée de sa rédaction était composée "de l'élite des savants de l'Azhar, de professeurs universitaires et de juges", selon l'expression du Président de la Commission. Parmi ceux-ci figurent le mufti de la République, un ancien président, un vice-président et des conseillers de la Cour de cassation, le Secrétaire général du Conseil suprême des affaires islamiques, plusieurs professeurs des universités de l'Azhar, du Caire, d'Ain-Shams et de Mansourah.

Ces savants ont peiné pendant 40 mois pour rédiger 630 articles accompagnés d'un mémoire imposant de 230 pages où l'on retrouve toute la panoplie des délits et des châtiments islamiques: loi du talion (vie pour vie, oil pour oil, pénis pour pénis, testicule pour testicule, etc.), lapidation pour adultère, mise à mort par pendaison pour apostasie, amputation des mains et des pieds et flagellation. Le Président de cette commission dit: "Cette journée est un jour de fête pour nous parce qu'elle réalise le plus grand souhait de chaque membre de notre nation".

Nous donnons dans l'annexe notre traduction des articles 116-144 relatifs aux délits sexuels.

2) Mesures Sociales Préventives

En plus du retour aux normes pénales islamiques, les islamistes réclament une série de normes sociales visant à prévenir la dépravation de la morale sexuelle:

    - Faciliter l'accès au mariage comme unique moyen légitime pour satisfaire l'instinct sexuel: en assurant l'accès au travail et au logement, en réduisant le montant des douaires et en octroyant des subventions à ceux qui veulent se marier.

    - Contrôler les moyens de communication dans le respect des normes islamiques et pratiquer la censure sur la presse, les films, les clubs vidéos et les théâtres pour qu'ils ne propagent pas le libertinage, l'anarchisme, l'athéisme et la perversion des mours.

    - Créer des organismes de contrôle des mours (amr bil-ma'ruf wal-nayh 'an al-munkar) composés de savants religieux pieux. Dans chaque ville, il en faudrait au moins quatre de ces organismes, avec droit de recevoir les dénonciations, de les vérifier et d'arrêter les coupables pour que la peine d'adultère leur soit appliquée.

    - Ramener la femme à la maison contre paiement de la moitié du salaire pendant toute la période d'écolage des enfants. Son droit à l'éducation et au travail ne doit pas se faire aux frais des enfants et du rôle éducatif de la femme. Ceci permettra la libération de nouveaux postes de travail et mettra fin au chômage.

    - Interdire le voyage des pères de famille pour le travail à l'étranger en dehors des cas de nécessité. Dans ces cas, les pères doivent revenir à la maison tous les six mois pour contrôler leurs familles.

    - Restreindre le voyage des filles dans les pays pétroliers pour sauvegarder leur honneur et réglementer le mariage des égyptiennes avec des non égyptiens.

    - Revoir le système des prisons qui servent de lieu de recyclage des prostituées.

3) Retour à l'Esclavage

Nous l'avons dit plus haut, le droit musulman permettait les relations sexuelles entre les esclaves et leurs maîtres. Mettre fin à l'esclavage, c'est fermer un tel débouché.

L'esclavage a été aboli par les Etats arabo-musulmans, mais en réalité il persiste dans certains pays comme la Mauritanie et le Soudan. Bien plus grave encore, certains musulmans prônent ouvertement le retour à l'esclavage, tel que réglementé par la loi islamique.

Selon un ouvrage sur l'esclavage dans l'islam d'un professeur saoudien de l'Université islamique de Médine:

La guerre légitime (shar'iyyah) est la guerre dans laquelle les musulmans combattent contre leurs ennemis pour proclamer la parole de Dieu, pour écarter le danger de ceux qui s'opposent par la force à la propagation de l'islam, nuisent aux musulmans ou terrorisent ceux qui l'adoptent. Chaque fois que le prophète envoyait une armée, il lui ordonnait de ne pas commencer le combat avant de donner le choix aux ennemis entre l'islam, le paiement du tribut ou la guerre.

Ce professeur ajoute que ceux qui refusent de se soumettre aux musulmans et s'y opposent en portant les armes contre eux seront combattus. En cas de victoire des musulmans, les femmes et les enfants des vaincus seront pris comme esclaves, parce qu'il est interdit de les tuer. Quant aux hommes, s'ils n'adhèrent pas à l'islam, ils peuvent être libérés, rachetés, échangés contre des prisonniers musulmans, tués ou asservis. S'ils deviennent musulmans avant d'être capturés, ils seront libres. S'ils le deviennent après, ils ne seront pas tués, mais asservis.

Le cheikh Salah Abu-Isma'il, parlementaire égyptien, se porte ouvertement à la défense d'un retour à l'esclavage pour les femmes ennemies qui tombent aux mains des musulmans comme prisonnières. Il explique que les musulmans peuvent décider dans ce cas, soit de les libérer sans ou avec contrepartie, soit de les tuer, soit de les réduire à l'état de captives esclaves. S'il est décidé de réduire une femme à cet état, elle devient la propriété d'un homme en vertu des normes de la loi religieuse, et son propriétaire a le droit d'attendre qu'elle ait ses règles pour s'assurer que son ventre n'est pas occupé par une grossesse provoquée par un autre homme (sic). S'il constate qu'elle n'est pas enceinte, il a le droit de cohabiter avec elle comme un mari avec sa femme. Si cette esclave met au monde un enfant et que le père meurt, cet enfant hérite de sa mère à titre de bien. Mais comme une mère ne peut être la possession de son enfant, la mère esclave devient libre.

Al-Mawdudi, le grand savant religieux pakistanais, considère lui aussi l'esclavage comme étant légitime. Répliquant à un auteur qui nie l'esclavage dans l'islam, il dit: "Est-ce que l'honorable auteur est en mesure d'indiquer une seule norme coranique qui supprime l'esclavage d'une manière absolue pour l'avenir? La réponse est sans doute non".

Hamad Ahmad Ahmad, professeur égyptien, docteur de la Sorbonne, a rédigé un ouvrage intitulé Proposition de loi unifiée régissant les armées islamiques. Nous y lisons que si un pays est conquis sans guerre, ses habitants ayant un Livre révélé (Ahl al-kitab) ont le choix entre payer la gizyah (tribut) ou le double de la zakat (impôt religieux), s'ils refusent de payer la gizyah. Quant à ceux qui n'ont pas de livre révélé, le chef de l'état est libre de les traiter comme les Ahl al-kitab ou de leur donner le choix entre l'islam et la mort (art. 169 et pp. 134-135). Les habitants du pays conquis sont libres de rester dans le pays ou de l'abandonner (art. 174). En ce qui concerne les prisonniers de guerre, ce professeur propose ce qui suit:

    Art. 191 - Le chef du pays a le droit d'octroyer la liberté aux prisonniers de guerre, de demander des rançons contre leur libération (fida') ou de les réduire en esclavage (yadrib 'alayhim al-riq).

    Art. 192 - Les rançons pour le rachat des prisonniers ou leur asservissement font partie du butin. Les rançons ou les prisonniers asservis sont distribués aux bénéficiaires du butin.

    Art. 52 - 1. Il est interdit de tuer les femmes, les enfants, les vieillards et les moines.
     

      2. S'il s'avère qu'ils constituent une aide pour l'ennemi, on se satisfait de les prendre comme captifs (sabyihim).

      3. S'il est impossible de les prendre comme captifs, ils seront traités comme des combattants.

Ce dernier paragraphe signifie qu'il faut les traiter comme des esclaves faisant partie du butin et distribués selon les normes islamiques (art. 179 et sv.). Concernant les femmes captives (sabiyyah), la proposition de loi dit:
    Art. 194 - 1) Il est interdit à celui qui reçoit une femme captive à titre de butin d'avoir des rapports sexuels immédiats avec elle.

    2) Si elle n'est pas enceinte, il lui est interdit d'avoir des rapports sexuels avec elle, avant qu'elle n'ait eu ses règles. Si elle est enceinte, les rapports sexuels ne peuvent avoir lieu qu'après l'accouchement et la période de purification (nafas).

    Art. 195 - Il est permis à celui qui reçoit une femme captive à titre de butin d'en jouir immédiatement, à l'exception des rapports sexuels.

Concernant les apostats, la proposition de loi dit:
    Art. 177 - Si les habitants d'un pays [conquis] se convertissent à l'islam, et par la suite apostasient ou refusent de s'acquitter d'un des devoirs (faridah) de l'islam, ils seront combattus jusqu'à leur extermination ou leur retour à l'ordre d'Allah.
Deux ans auparavant, le même professeur publiait une autre proposition de loi, devant régir les rapports entre les pays musulmans et les pays étrangers, dans laquelle nous lisons:
    Art. 87 - Chaque pays musulman a le droit d'imposer le paiement du tribut (gizyah) ou/et de l'impôt foncier (kharag) à l'encontre de chaque pays étranger qu'il pressent être un danger pour sa sécurité. Il peut aussi réduire en esclavage ceux de leurs ressortissants (a'yan) qu'il emprisonne, permettre leur rachat ou les tuer.
Le cheikh Muhammad Lakhoua, tête d'une liste appuyée par Ennahda, disait clairement dans une interview que son objectif est d'appliquer la loi islamique. Le journaliste lui demanda: "Si nous vous suivons dans la voie tracée par la norme: "pas d'interprétation là où il y a un texte explicite", nous devons considérer l'abolition de l'esclavage comme contraire aux textes qui ont reconnu l'esclavage?" Le cheikh répondit:
    Ceci est faux. L'islam n'a pas prôné l'esclavage qui est un des aspects de la mécréance. L'esclavage ne fut qu'une option dans certaines circonstances en relation avec les prisonniers de guerre. Les musulmans ont eu recours à l'asservissement des captifs dans certaines circonstances pour les améliorer. C'était lorsqu'ils considéraient que la propriété de ces captifs pouvait les habituer à l'islam et les conduire à se convertir. Ce qui atteste que l'esclavage n'était pas un des objectifs de l'islam.
Le journaliste lui demanda: "Si donc dans trente ou quarante ans la Tunisie devient un Etat musulman, est-ce que l'imam peut revoir la question et autoriser l'asservissement si l'intérêt le permet?" Le cheikh répondit:
    Si les circonstances de la vie l'exigent, cela serait permis. La question est une question de choix lié à une circonstance. Il y a une différence entre l'application des peines islamiques et l'esclavage. L'application des peines islamiques fait partie des objectifs originaux de la loi islamique, alors que l'esclavage ne le fut jamais.
Mais ne peut-on pas faire un effort d'interprétation en matière de peines islamiques comme c'est le cas pour l'esclavage? Le cheikh répondit:
    J'ai dit que la différence est grande entre l'application des peines islamiques et l'esclavage. L'application des peines islamiques fait partie des objectifs de la loi islamique et non pas l'esclavage. La loi islamique ordonne d'appliquer les peines islamiques et non pas l'esclavage.
Malgré les précautions oratoires du cheikh Lakhoua, le mot est lâché. Le retour de l'esclavage, selon lui, est possible en Tunisie. Ce faisant, Lakhoua rejoint en fait la position d'autres penseurs musulmans cités plus haut.

Relevons ici que la jouissance des femmes de l'ennemi est pratiquée aujourd'hui par les groupes islamistes algériens qui n'hésitent pas à enlever les filles et les femmes, et parfois à les violer en présence de leurs parents.
 
 

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